acceo capa tel acceo capa

A- A A+

Histoire d'Alata

Village1200L'inventaire archéologique de la commune terminé en 2010 a confirmé une implantation humaine largement répartie sur le territoire d'Alata dès le Néolithique. Les sites sont nombreux mais peu spectaculaires. Le plus important semble être le castellu de la Punta Fica ghjola.

Au Moyen Âge, le territoire d'Alata, avec celui de Villanova, fait partie de la piève d'Ajaccio. Il est constitué de plusieurs hameaux, situés pour la plupart sur les pentes de la Punta Pozzo di Borgo, tels Montichji, l'Aghja di Giovanni et Pozzo di Borgo. On compte plusieurs chapelles romanes. Celle de l'Anunziata, proche de Pozzo di Borgo, est aujourd'hui la mieux conservée.

Les archives nous apprennent qu'en 1537, Montichji compte 39 feux, Pozzo di Borgo 36, Latta(Alata) 36 et l'Aghja di giovanni 17 (un feu est estimé à 3 à 5 personnes).

A la suite des guerres du XVIème siècle et des incursions barbaresques, les villages des pentes de La Punta sont abandonnés au profit d'Alata et du hameau de La Sarra situé sur la crête.

En octobre 1763, c'est à Alata, en présence de Pascal Paoli, que se prépare la « conspiration de Guiseppe Maria Masseria, avocat ajaccien, afin de s'emparer de la citadelle d'Ajaccio au profit du Général. Le projet échoue. Masseria et l'un de ses fils le payent de leur vie.

1764 : naissance à Alata de Charles –André Pozzo di Borgo. Proche de Paoli et ami de Bonaparte, il prend ses distances avec ce dernier lors de La Révolution et va devenir l'ennemi juré de Napoléon. Il est l'un des hommes –clés de l'éphémère Royaume Anglo-Corse de 1794 -1795. Diplomate successivement auprès des Anglais puis de l'Empereur russe Alexandre 1er, il devint ministre russe auprès de Louis XVIII. Contrairement à la légende, ce n'est pas lui qui conseilla d'incendier Moscou. Pour Karl Marx, « Pozzo di Borgo était le plus grand diplomate russe des Temps Modernes ».

Révolution de 1848. Le révolutionnaire Louis Blanc était Alatais par sa mère. Il gardait de nombreux contacts avec son village et la Corse. Il fit nommer un temps un Pozzo di Borgo comme commissaire de la République en Corse en 1848.

Au XIXème siècle, Alata, comme Villanova, est érigé en commune. Sa population reçoit l'apport de Bocognanais qui s'installent essentiellement sur le versant est de la commune. De nombreux habitants de Bastelica et Bastelicaccia s'allient aux familles du versant ouest comme en témoigne la célèbre photo –carte postale « Mariage à Alata » prise par Laurent Cardinali en février 1898.

Alata participe à la grande aventure coloniale. L'un de ses fils, le sergent Casalonga , s'illustre à Madagascar et trouve une fin héroïque en 1904. Il sera célébré comme un héros national en 1912.

Au cours du premier quart du XXème siècle, Alata reste un village agricole, avec des cultivateurs de céréales et des éleveurs. Après la première guerre mondiale, le hameau de La Sarra est abandonné. Les années soixante voient la commune connaître l'exode rural. Mais le phénomène s'inverse à partir des années quatre-vingt. Une nouvelle population s'intègre sur la commune. Beaucoup travaillent sur Ajaccio tout proche. Alata devient l'une des trois communes péri-urbaines les plus importantes autour d'Ajaccio.